Avent : le métier, c’est ce qui unit.

 

 

Article de Maurice Zundel publié dans  » L’ECOLE PRIMAIRE  » N° 4 – 30 Novembre l951 SION

Mais l’Avent n’est pas seulement la clef du passé.

Il est tout autant celle de l’avenir 

Adresse.

A vous toutes, amies connues et inconnues, qui formez notre famille, unies dans le métier, ce message sollicité pour vous, donné pour vous dans une perspective d’infini où notre labeur devient un. Avent.

 

Avent veut dire arrivée. Récapituler toute l’histoire du monde sous le nom d’Avent, comme le fait l’Eglise, suppose que toute l’histoire est tendue vers la venue du Christ et trouve en elle son unité. Cela signifie d’une part, que la Présence du Christ enveloppe, , d’une certaine manière, les temps qui précèdent sa naissance et, d’autre part, que tout le passé du monde demeure en quelque sorte ouvert à un événement où il devait trouver son accomplissement.

Toute l’histoire apparaît ainsi sous le signe de l’attente et de l’espérance, comme le temps s’appuie sur l’éternité. Deux manières d’exprimer la même chose.

Le geste d’un prêtre qui récitait naguère un acte de contrition dans les lieux de plaisir, pétrifiés par la lave à Pompéi, nous rend sensible ce survol du temps par l’amour qui l’unifie dans son étreinte. Ce chrétien admirable se sentait responsable des pécheurs surpris, il y a quelques deux mille ans, par l’éruption qui les ensevelit. Et il croyait avec raison qu’il pouvait les joindre dans le cœur du Seigneur. Il entrait ainsi pleinement dans l’Esprit de l’Avent, qui dessine dans le temps la perspective de l’éternité.

On imagine quel intérêt passionnant prendrait, sous un tel jour, l’étude et l’enseignement de l’histoire. Tous les personnages qu’elle évoque, au lieu d’être figés dans la mort, redeviendraient nos contemporains et notre prière s’efforcerait de les atteindre, tandis que les foules anonymes, dont elle a perdu le souvenir, se rassembleraient, vivantes et ennoblies, dans la communion des Saints.

Mais l’Avent n’est pas seulement la clef du passé. Il est tout autant celle de l’avenir, car le Christ embrasse les siècles qui viennent après lui, comme ceux qui le précèdent, dans la Présence universelle qu’il est. Demain, avec tout son inconnu, se profile sur la grande espérance dont la croix est la source et le symbole.

Tel qui est un bandit aujourd’hui, sera peut-être, demain, un saint comme le bon larron ou comme la pécheresse qui devait construire sur ses fautes pardonnées au banquet du pharisien, la plus haute cathédrale de son amour et de sa contemplation.

Et voilà le plus précieux message de l’Avent pour des enseignantes. Instruire des enfants, c’est, en effet, faire crédit à l’avenir, en attendant la moisson du grain qu’on sème. C’est surtout faire crédit à la grâce qui guette chacun à l’heure opportune, en confiant à l’éternité de Dieu les efforts qui peuvent sembler vains d’aujourd’hui. Adhérer à sa Présence, aussi bien, c’est devenir présent à l’enfant dans le mystère, inconnu de lui, où il s’éternise en s’enracinant dans l’amour qui est son berceau.

Par-là, notre meilleur labeur devient lui-même un Avent, une perpétuelle attente du Seigneur, dont le jour se lèvera par nous dans ces âmes confiées à notre sollicitude, pourvu qu’il fasse jour en nous et que rien ne s’oppose, dans notre vie, à la lumière qui appelle tout homme à la joie de Noël : aujourd’hui.

Maurice Zundel

 

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