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SAINTETÉ ET PAUVRETÉ CHEZ LA VIERGE MARIE

                             Les noces de Cana

 Maurice Zundel
Le Caire, 1959
Notes non revue par MZ

 

Si nous analysons, si nous observons les conversations humaines, nous avons presque toujours l’impression du vide. On a si peu de choses à dire, on est si peu capable de communiquer l’essentiel qu’on se demande ce qu’on peut dire dans ces paroles où l’on répète des banalités combien de fois entendues, où l’on échange des préjugés, où chacun apporte les limites de sa biologie individuelle ou collective. Et l’on se rend compte, alors, que s’il est possible Continuer la lecture de SAINTETÉ ET PAUVRETÉ CHEZ LA VIERGE MARIE 

Vivre le royaume de Dieu  dans l’ici et maintenant

Une retraite organisée par

Les Amis de Maurice Zundel

les 17-18-19 août 2018

dans le cadre inspirant situé en bordure du lac des Deux-Montagnes

à l’Ermitage Sainte-Croix

21269, boulevard Gouin Ouest  Pierrefonds (Montréal)

Silences et méditations personnelles ou partages en petits groupes alterneront avec de brèves présentations  de textes d’Évangile et de Maurice Zundel.

Frais de participation avec hébergement

            coût 185 $ ( 2nuits 4 repas 2 petits déjeuners) Dépôt de 85 $ à l’inscription.

Frais de participation sans hébergement

            coût 105 $ (4 repas – pas de petit déjeuner ) Montant du dépôt 55 $

Pour information complémentaire contactez nous au 514-739-3958 ou au 514-624-0692 ou par courriel à info@mauricezundel.ca

Pour obtenir la fiche d’inscription cliquer ici

Vaincre la mort…

Ecco Homo 
Saint-Pantaléon de Troyes

« Une nouvelle fois, ce vendredi 23 mars […] des vies ont été confisquées dans le sang […]
Dans ce deuil sans cesse renouvelé, la France s’est pourtant aussi redécouvert un visage de grandeur et de bravoure. La France qui se bat, la France qui résiste s’est retrouvée incarnée tout entière dans la personne du lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, et ce visage-là, au milieu du sang et des larmes, a fait beaucoup de bien. Par son acte héroïque, en se substituant volontairement à l’une des otages du tueur, il a rappelé, dans l’évidence du geste, ce que signifie servir et protéger. Servir l’intérêt général, la communauté nationale, et non pas être au service de soi-même ou d’une communauté au détriment des autres. Protéger, avoir le sens mûr et adulte des responsabilités. Surtout : être capable, face à des fous animés par la pulsion de mort, d’affirmer que de la mort, s’il faut en passer par là, on n’a pas peur. En tout cas, qu’on en a moins peur que de perdre son honneur et le sens des valeurs que l’on défend et qui nous dépassent. Car c’est bien la notion de sacrifice à laquelle ce geste nous a tous confrontés, avec stupeur et admiration, comme si nous l’avions un peu oubliée, […] »

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Bulletin Présence No 102 – Avril 2018

 

Notre bulletin Présence No 102 daté de Avril 2018 est disponible auprès de notre secrétariat. Sur demande par courriel à l’adresse info@mauricezundel.ca  nous vous ferons parvenir gratuitement une version PDF de ce bulletin.

Au sommaire, sur le thème de la tendresse de Dieu, vous y trouverez entre autres des textes de Maurice Zundel :

  • Jésus-Christ, Révélation de la tendresse trinitaire
    • La tendresse trinitaire
    • Le fruit de la tendresse trinitaire ou l’accomplissement de l’Homme
    • Le risque de la tendresse trinitaire ou la mission proposée à l’homme
  • La matertnité de Dieu
    • Dieu-Mère et Marie Mère de Dieu
    • Reflet de la maternité de Dieu
    • Marie, sacrement de la maternité de Dieu.
    • La mère de Dieu

La source de notre vie

La mort du Christ, source de notre vie[1]

 

Nous savons tous que nous devons mourir. Nous le savons d’une manière abstraite et générale. Quand viendra l’heure et qu’on nous dira: «C’est pour cette nuit», la mort prendra un tout autre visage car la mort ne sera plus une vérité générale et abstraite, mais un événement qui atteindra de plein fouet notre sensibilité.

De même, nous le savons bien, les êtres que nous aimons, nous n’ignorons pas qu’ils sont tous mortels, mais quand la nouvelle de leur décès nous parvient, c’est une toute autre affaire: théoriquement, ils devaient mourir, mais maintenant, c’est un fait, c’est irrémédiable, maintenant, nous savons que nous ne pourrons jamais plus les revoir.

Il y a donc, en nous, différents temps de conscience qui s’étagent et se superposent et qui donnent lieu à des appréciations très différentes suivant le niveau auquel nous nous plaçons et cela nous offre une analogie pour entrer plus profondément dans les souffrances de Jésus-Christ.

En Jésus aussi, il y avait différents plans de conscience qu’un grand théologien irlandais a magnifiquement distingués selon d’ailleurs une tradition fort ancienne, à propos d’un débat soulevé en Angleterre par des théologiens anglicans modernistes, débat qui portait sur ce thème: Jésus-Christ avait-il conscience de sa divinité? Et ces théologiens, qui étaient de gauche et modernistes, avaient répondu: «Eh bien! Non, il n’est pas certain que Jésus eut conscience de sa divinité

A quoi le père Mac Nabb, car il s’agit de lui, ce grand théologien irlandais, répondit: «Mais cette question, c’est quatre questions, car on peut considérer la connaissance que notre Seigneur avait de lui-même au plan de la personne divine et nul doute, que, sur ce plan-là et à ce niveau, notre Seigneur eut une parfaite conscience de sa divinité.

Si nous entrons maintenant dans le domaine de son âme humaine: son âme humaine était unie à Dieu par la vision béatifique. Il voyait Dieu face à face et il connaissait, dans son âme humaine, dans cette vision face à face de Dieu, il connaissait bien sûr l’union unique, l’union personnelle de son âme avec la divinité en qui elle subsiste.

Il y a un autre niveau de la conscience humaine de notre Seigneur, il y a le niveau prophétique car notre Seigneur, qui est le grand docteur de l’humanité, notre Seigneur qui est le suprême prophète, notre Seigneur avait enseigné aux hommes que Dieu a tellement aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui, ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Au titre donc de sa science prophétique, notre Seigneur ne pouvait pas ignorer et était, au contraire, parfaitement conscient de sa divinité.

Mais il y avait en Jésus un autre plan: il y avait en Jésus une connaissance expérimentale, une connaissance sensible qui lui permettait, au jour le jour, de vivre l’événement dans toute sa nouveauté, qui permettait à sa sensibilité de s’éveiller, de s’émerveiller, de s’attrister selon les occasions et les rencontres. Or cette science, cette connaissance expérimentale n’est pas, de soi, surnaturelle, elle n’est pas au niveau du mystère de l’Incarnation.

Sans doute, dans la sainte humanité de Jésus, dans sa sensibilité exquise et si profonde et si émouvante, rejaillissait normalement toute la lumière de la divinité mais, de soi, cette connaissance expérimentale ne se situe pas au niveau de sa divinité et il se peut –et c’est là justement tout le nerf de l’argumentation du père Mac Nabb– il se peut qu’à certains moments, se soit produit dans la conscience de Jésus, une coupure entre une des certitudes les plus immuables, les plus éternelles, les mieux fondées et puis l’événement tel qu’il le vivait et tel qu’il l’éprouvait et, sous cet aspect, concluait le père Mac Nabb, on pourrait dire que notre Seigneur, à certains moments, n’eut pas conscience de sa divinité en l’entendant au niveau de sa connaissance expérimentale. »

Et pourquoi tout ce détour en ce soir du vendredi saint? Parce que, justement, il nous faut comprendre que l’agonie de notre Seigneur, sa détresse et son suprême abandon ne constituent pas une sorte de mise en scène, qu’il a vécu vraiment, jusqu’à en mourir, cette solitude, cette détresse et cet abandon que l’apôtre saint Paul a osé décrire dans un mot unique, d’une profondeur insondable, ce mot de la Seconde aux Corinthiens où saint Paul nous dit: «Celui qui était sans péché, Dieu l’a fait péché afin qu’en lui, nous devenions justice de Dieu

Voilà l’essence de la passion: Jésus-Christ a été fait péché, c’est-à-dire qu’il s’est senti coupable de tous les péchés du monde, plus coupable infiniment que ses bourreaux pour lesquels il implorait le pardon divin, vivant une sorte de scrupule immense, infini, inexprimable, avec la certitude pourtant, avec la vision infiniment claire de son innocence.

Et c’est là que nous conduit le mot de saint Paul: la passion de notre Seigneur, dans ce qu’elle a de plus horrible et donc de plus rédempteur, la passion de Notre Seigneur, c’est de s’être senti chargé de tout le péché du monde, comme s’il les avait tous commis, tout en ayant une conscience absolue de son innocence totale.

C’est justement cette coexistence d’une innocence parfaite avec le sentiment d’une culpabilité totale qui a broyé le cœur du Seigneur et qui a entraîné sa mort. Notre Seigneur, en effet, n’est pas mort de ses blessures physiques. L’Évangile note qu’il est mort avant ses deux compagnons d’infortune, avant les deux larrons, parce qu’il est mort d’une mort intérieure, il est mort du dedans, il est mort de cette brisure, il est mort de ne pouvoir supporter le poids du péché au cœur de sa suprême innocence.

Il faut donc prendre à la lettre le récit de l’agonie et cette supplication implorant le Père que le calice s’éloigne. Il faut prendre à la lettre les paroles dernières, selon saint Matthieu et selon saint Marc, les paroles dernières du Seigneur: «Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?» Notre Seigneur a vécu, autant qu’il était possible, il a vécu l’enfer dans sa suprême innocence – et c’est de cela qu’il est mort. Sa mort n’est pas une mort comme les autres. C’est une mort unique, parce que c’est une mort du dedans, une mort où se sont confrontés, une fois pour toutes, le mal et le bien dans la personnalité divine du Verbe incarné.

Et si nous voulons entrer dans ce chemin de croix et le vivre en entrant personnellement dans la douleur du Seigneur, c’est cela qu’il faut voir, c’est que ces différents plans de conscience, tout en existant simultanément, n’ont pas empêché que les plus hautes clartés de l’esprit, que la vision béatifique elle-même, que la lumière prophétique n’ont pas empêché, dans sa sensibilité, ce sentiment, cette expérience atroce de l’abandon et de la malédiction et c’est là ce que saint Paul a exprimé d’une manière unique dans ce mot que nous pouvons graver dans notre cœur: «Celui qui était sans péché, Dieu l’a fait péché pour nous afin que nous devenions en lui justice de Dieu.»

[1] Homélie de Maurice Zundel, le Vendredi Saint d’avril 1974, Saint- Rédempteur – Lausanne. Pris dans Ta parole comme une source, Anne-Signer et Descleé, 1987, p.311