Du devoir au désir de servir.

 

Du devoir au désir de servir.

La voie de Maurice Zundel

pour la conversion du leadership du

Service de l’aumônerie royale canadienne,

Par 

Colonel-Aumônier (retraité) Sylvain Maurais, CD, J.C.L.

(extraits de mon mémoire de maîtrise ès arts en théologie

 Université Saint-Paul d’Ottawa, 31 août 2020.)

 

  

INTRODUCTION[1]

Ce mémoire de recherche rêve d’être une semence pour faire fructifier les fruits de l’arbre de la spiritualité du désir au cœur de l’appel du Service de l’aumônerie royale canadienne (SAumRC[2]). Ce projet porte également le désir de voir un jour l’aumônerie être capable d’introduire la dimension spirituelle au cœur de l’éthos militaire canadien, et ce, afin d’inspirer le développement d’une spiritualité du service au sein du leadership des Forces armées canadiennes (FAC).

Pour passer du rêve à la réalité, notre recherche veut démontrer, dans son premier chapitre, comment l’aumônerie avec la création du Centre-école des aumôniers des Forces canadiennes (CEAFC), en 1994, a intégré la doctrine des FAC pour définir et établir les exigences professionnelles militaires des aumôniers. Or l’étude de cette doctrine nous dévoile une conception du professionnalisme militaire qui est axée sur une éthique du devoir, selon les énoncés de principes de Servir avec honneur. La profession des armes au Canada (2009)[3] et du Code des valeurs et d’éthique de la Défense et des Forces armées canadiennes (2012)[4] du Programme d’éthique de la Défense.

Notre deuxième chapitre portera une réflexion critique sur l’éthique du devoir des FAC en soulignant ses grandes forces et ses limites au regard de la spiritualité du désir. Les forces de la doctrine des FAC se sont manifestées dans le développement professionnel de l’aumônerie par un processus de mutations profondes de son identité militaire, spirituelle et religieuse. Or l’intégration de la philosophie de l’éthique du devoir des FAC a eu pour effet de refouler la dimension spirituelle et religieuse dans l’espace de la vie privée des militaires et des membres de leur famille. Nous verrons comment, dans cet exode spirituel, le ministère de présence de l’aumônier trouve un vibrant écho dans la réflexion de Benoît Garceau dans son livre La voie du désir[5]. Ce dernier distingue l’approche d’une spiritualité du devoir, de celle de la spiritualité du besoin, pour nous présenter la voie de la spiritualité du désir.

Dans notre troisième chapitre, nous voulons présenter la spiritualité du désir, selon la voie de Maurice Zundel, comme source crédible pour la transformation spirituelle du leadership militaire de l’aumônerie. Nous nous inspirerons du dernier livre de Garceau, De la liberté au don de soi. La voie de Maurice Zundel[6], afin de mieux comprendre la vie et l’œuvre de ce génie mystique du 20e siècle. Nous allons démontrer comment la vision spirituelle de Zundel demeure très pertinente pour ceux et celles qui sont appelés à la profession des armes. Finalement, nous allons proposer un nouvel énoncé de vision de l’aumônerie axée sur la transparence du ministère de Présence des aumôniers qui inspire la foi, l’espérance et la charité, selon la parabole du vitrail de Zundel.

CHAPITRE 2[7]

L’ÉTHIQUE DU DEVOIR MILITAIRE DE L’AUMÔNERIE

AU REGARD DE LA SPIRITUALITÉ DU DÉSIR

Dans ce chapitre, nous voulons faire une analyse critique de la doctrine militaire des FAC, axée sur une éthique du devoir, en soulignant ses forces et ses limites. Cette réflexion se fera en trois étapes. La première consistera à retracer brièvement comment l’intégration de la doctrine militaire des FAC a engendré un processus de professionnalisation du leadership de l’aumônerie qui a produit de profondes mutations de son identité militaire, spirituelle et religieuse. La deuxième étape analysera la manière selon laquelle les restructurations de l’aumônerie se sont réalisées par l’intégration des principes et fondements du Programme d’éthique de la Défense (PED) qui s’appuie sur la philosophie du libéralisme politique de John Rawls. Dans la troisième étape, nous regarderons les limites de l’approche de l’éthique du devoir des FAC à travers l’approche de Benoît Garceau, notre ami de Zundel, qui nous initie à la spiritualité du désir. […]

  1. – Les limites de l’éthique du devoir au regard de la spiritualité du désir

[…]

Garceau, dans son beau livre La voie du désir[8], nous a permis de prendre conscience et de mieux comprendre le malaise intérieur que vivent bon nombre de militaires à travers les exigences de l’éthique du devoir des FAC. Ce livre est le fruit de nombreuses retraites spirituelles où ce philosophe à la retraite de son enseignement universitaire a su rejoindre des hommes et des femmes qui, désabusés du discours moral de la religion, demeurent toujours en grande recherche d’une spiritualité. Voici comment il interprète cette recherche spirituelle qui, selon nous, se manifeste dans la vie intérieure de nos militaires:

Cette recherche d’une spiritualité a son origine dans le sentiment que nous avons à être plus que notre corps et ses besoins, plus que notre âme et la conscience de nos besoins et de nos devoir. Nous sentons en effet qu’en nous, au-delà du corps et de l’âme, il y a une dimension plus profonde, mystérieuse et sacrée, que nous appelons l’esprit. Nous sentons cette dimension comme l’appel à dépasser les besoins de notre corps et les devoirs de notre âme, comme la possibilité en nous de respirer librement et de vivre intensément[9].

Cet appel à être plus que la somme de nos besoins physiques (corps) et de nos pulsions psychiques (âme), à être plus que la conscience que nous avons de nos devoirs, a trouvé un très fort écho dans la vie des militaires et des membres de leur famille. Malheureusement, le cri de cette aspiration profonde ne se fait entendre, trop souvent, qu’en temps de crises. Que ce soit dans les désillusions vécues dans la carrière militaire ou dans l’essoufflement des courses folles du rythme infernal de la vie professionnelle, personnelle et familiale. Garceau poursuit ainsi avec sa description de la spiritualité :

Possibilité de respirer librement, c’est-à-dire de se renouveler intérieurement, en aspirant du neuf et en expirant ce qui est vieilli et usé. Ce n’est pas un hasard si le mot esprit traduit, dans la Bible, le mot ruah hébreu et le mot pneuma grec, qui disent le « souffle ». Nous sommes des êtres qui cherchons à avoir du souffle. Et toute spiritualité authentique est un art d’avoir du souffle. C’est sans doute pourquoi elle est tant recherchée. Nous la recherchons d’autant plus que, vivant en notre temps dans une civilisation urbaine, où les consignes et les contraintes de la vie quotidienne sont innombrables, nous devons facilement des êtres essoufflés, dégonflés de nos rêves et de nos projets, souvent à bout de souffle dans le pèlerinage de la vie, presque toujours à la recherche d’un nouveau souffle[10].

La description de la spiritualité comme l’art d’avoir du souffle rejoint beaucoup de nos militaires qui se sentent épuisés et éreintés par l’approche de ce que Garceau a nommé comme étant celle de la spiritualité du devoir.

 3.1 – La spiritualité du devoir

L’approche de la spiritualité du devoir à certainement été celle qui a été imposée par les traditions des églises chrétiennes jusqu’à la fin des années ’50 au Canada. Garceau a discerné trois principes de cette approche qui, selon nous, décrit très bien celle des FAC dans son éthique du devoir. Voici comment il décrit les caractéristiques des principes de la spiritualité du devoir :

(1) [Le principe] de la méfiance à l’égard de nos désirs. Ils sont trop nombreux et variés; nous ne savons pas où ils nous conduiraient si nous nous arrêtions à les consulter; nous redoutons qu’ils nous amènent à perdre le contrôle de notre vie intérieure. (2) Le principe de la primauté des valeurs objectives. « Tu dois » être juste, généreux, sobre, etc. Obéir à des consignes apparaît comme la seule manière de surmonter la peur et la méfiance que provoque, dans la noirceur du sous-sol de notre être, la rumeur de nos désirs. (3) Le principe de l’autorité des personnes, tenues pour importantes dans ma vie – parents, enseignants, clercs, car les valeurs objectives que je dois poursuivre sont, en dernière analyse, ce que les autres désirent pour moi; ce que sont leurs attentes sur moi[11].

Nous croyons que la description des trois principes de « la spiritualité du devoir » de Garceau résume, de manière claire et précise, l’approche de l’éthique du devoir des FAC. Ce qui importe dans cette approche militaire, c’est de répondre et de se conformer aux « croyances et aux attentes » des autorités des FAC. Cette éthique du devoir valorise davantage les vertus de discipline et d’obéissance aux ordres que celle d’une fidélité à l’aspiration profonde qui nous appelle à être plus qu’un individu quelconque qui est capable de faire une foule de choses bien utiles.

Face à cette approche de l’éthique de devoir, Garceau décrit une tendance inverse qu’il nomme et décrit comme étant celle de « la spiritualité du besoin ».

3.2 – La spiritualité du besoin[12]

Contrairement à l’approche objective de la spiritualité du devoir, la spiritualité du besoin est complètement orientée vers une approche qui valorise les valeurs subjectives. Elle se caractérise par la recherche de la satisfaction des besoins de l’individu. Elle est axée sur l’écoute du moi et sur le non-refoulement de ses sentiments, de ses émotions et de ses pulsions instinctives. La spiritualité du besoin s’inscrit dans la forte tendance des programmes et des sessions de développement du bien-être et du mieux-être.

Garceau voit dans l’approche de la spiritualité du besoin une manifestation de notre société régie par le pouvoir de l’économie[13]. Dans le règne de l’économie, la valeur des individus est réduite à leurs capacités de produire et de consommer. Le moteur de ce système est le « désir-envie » des individus dans leur recherche de satisfaire leurs besoins. La liberté est conçue comme le pouvoir de faire ce que l’on veut dans la multitude de choix et de possibilités que la société de consommation peut offrir. La spiritualité du besoin est décrite par Garceau selon le modèle du « zapping » – devant dans la multitude de choix de programmes – ou celui d’une « religion à la carte » où nous choisissons – devant l’immense buffet des mets spirituels disponibles – ce qui convient à nos préférences et nos goûts personnels.

Garceau se réfère à l’école psychanalytique française de Françoise Dolto[14] et de Denis Vasse[15], et autres[16], pour faire une distinction salutaire entre besoin et désir :

Cette différence, on l’observe dans le comportement d’un bébé. Dans ses pleurs et dans ses cris, ce qui est exprimé c’est d’abord le besoin de quelque chose : d’être nourri, changé, bercé. Mais il y a plus que cela. La preuve est que le bébé se remet à pleurer même après que son besoin a été comblé. Ce qui est exprimé, en même temps, à travers le besoin, c’est le désir de la présence de l’autre. Alors que le besoin est de quelque chose à consommer, le désir est de quelqu’un avec qui communiquer. Dans cette perspective, le désir se présente comme la manifestation, à travers nos besoins, du spirituel en nous[17].

Garceau, dans son analyse entre besoin et désir, souligne trois caractéristiques du désir humain comme source de notre dimension spirituelle :

(1) À la différence du besoin, il [le désir] ne peut être assouvi. Dans le désir, il y a toujours du mouvement pour aller plus loin. Il est de son essence de transgresser les limites de son objet. (2) Tandis que le besoin est satisfait par l’obtention de la chose recherchée, le désir s’adresse à l’altérité et se nourrit d’une relation à l’autre qui ne fait jamais que l’autre cesse d’être autre. (3) Enfin, toujours par contraste avec le besoin, le désir est par essence non-possessif. Il doit même se maintenir et pour grandir, renoncer inlassable à la possessivité[18].

Lorsque le désir devient l’envie de posséder des objets que d’autres convoitent, il est alors réduit au niveau des besoins que nous voulons combler et assouvir. Une spiritualité authentique se développe dans la conscience de la présence, au plus profond de nous-mêmes, d’un désir qu’il ne faut jamais réduire au niveau des besoins que nous voulons combler avec des objets extérieurs.

3.3 – Vers la spiritualité du désir

La clairvoyance et la profondeur du regard de Garceau sur les caractéristiques des approches de la spiritualité dudevoir et du besoin nous tracent la voie d’une spiritualité du désir. La voie du désir est celle qui mène au seuil de l’expérience spirituelle. Et cette expérience est celle de la véritable liberté. Garceau ouvre la voie du désir en décrivant cinq principes fondamentaux de cette approche :

(1) Elle ne réduit pas l’être humain à la conscience qu’il a de ses devoirs et de ses besoins. (2) Elle appelle à découvrir en nous, au-delà de notre Moi, c’est-à-dire au-delà de la conscience que nous avons de nos pensées et de nos émotions, l’être que nous sommes. (3) Elle propose de regarder l’être que nous sommes comme un don de l’amour de Dieu. (4) Elle montre que la vie est un temps où nous avons à accueillir ce don dans la joie et la gratitude. (5) Elle amène à comprendre que la meilleure façon d’accueillir ce don est de vivre dans la fidélité à l’aspiration la profonde de notre être[19].

Or l’ouverture de cette « voie du désir » par Garceau nous a remis, depuis sa publication en 1997, sur la route d’une redécouverte de l’itinéraire spirituel de Maurice Zundel. Ce cheminement s’est fait avec l’accompagnement des Amis de Zundel d’Ottawa que Garceau a fondé. Selon lui, Zundel est un de plus grand représentant de la spiritualité du désir pour notre époque. En effet, Zundel n’a jamais cessé, tout au long de vie et de son œuvre, de nos inviter à aller jusqu’au bout de notre désir : « […] tu ne peux satisfaire à tes désirs qu’en allant jusqu’au bout, jusqu’à l’infini, mais l’infini ce n’est pas ce que tu croyais ! l’infini ce n’est pas de t’exalter, de tourner autour de toi, c’est d’être vraiment une source, une origine, un commencement, un espace où tout peut respirer et s’accomplir[20].

Nous proposons que cette voie du désir, inspirée par l’itinéraire spirituel de Zundel, puisse devenir, par la profondeur et l’ouverture de sa direction de pensée, une source crédible pour le développement de la force morale et spirituelle des membres de la communauté militaire canadienne. Car nous voyons en cette voie du désir la possibilité de découvrir, au plus profond de nous-mêmes, une Présence, qui est plus que nous-mêmes, et qui nous donne de croire et d’espérer en ce qui est possible en notre humanité en nous révélant les capacités de transcendances de l’être humain dans l’expérience de notre liberté intérieure.

CHAPITRE 3

LA CONVERSION DU LEADERSHIP DE L’AUMÔNERIE :

DU DEVOIR AU DÉSIR DE SERVIR, LA VOIE DE ZUNDEL

Benoît Garceau, dans son livre La voie du désir, nous a indiqué les caractéristiques d’une spiritualité qui nous appelle à être plus que la somme de nos besoins physiques et de nos instincts psychiques. Or le grand succès de cet essai de Garceau aura été le prélude de son dernier ouvrage :  De la liberté au don de soi. La voie de Maurice Zundel[21]. Selon nous, la voie spirituelle de ce génie mystique peut devenir une source pour la conversion du leadership militaire de l’aumônerie. Dans cette voie, la devise de l’aumônerie (vocatio ad servitium – appelé à servir) sera signifiée par le passage d’une éthique du devoir à une spiritualité du désir.

Dans ce chapitre, nous allons résumer l’interprétation de Garceau sur la vie et l’œuvre de Zundel. Dans un deuxième temps, nous allons voir comment la voie de Zundel peut devenir une source d’inspiration pour nos militaires qui risquent, dans la profession des armes, de perdre leur capacité de croire et d’espérer en l’humanité. Finalement, nous proposons un nouvel énoncé de vision pour l’aumônerie, selon la voie spirituelle de Zundel, où le ministère de Présence de l’aumônerie marquerait le passage du devoir au désir de servir.

  1. – De la liberté au don de soi. La voie de Maurice Zundel

Garceau nous offre dans son dernier opus le précieux legs de sa longue et profonde méditation sur l’ensemble de l’œuvre de celui qu’il a découvert, en 1951, avec la lecture de L’Évangile intérieur[22]. Dans son premier chapitre, il nous aide à bien comprendre l’intention fondamentale de Zundel qui désirait dans tous ses écrits présenter une direction de pensée dont son itinéraire n’a jamais cessé d’être l’apprentissage[23]. Le verbe présenter fait référence à la Présencedans la pensée de Zundel. Or le mot Présence est celui que Zundel utilise, dans sa richesse sémantique, pour parler de Dieu. C’est donc une présentation d’une direction de pensée ce qui diffère d’une doctrine ou d’une idéologie. C’est une direction de pensée qui nous invite à nous questionner sur le sens de notre vie humaine et à chercher la nature de notre plus haute possibilité qui fonde notre dignité[24]. Cette voie nous mène à découvrir la personne de Jésus comme celui qui révèle notre plus haute possibilité dans le mystère de la « naissance de notre humanité en Dieu et de l’incarnation de Dieu dans notre humanité[25] ». La direction de pensée de Zundel repose sur son itinéraire spirituel qui a pour seuil son expérience de la liberté[26]. Elle est, selon lui, une expérience décisive qui, tout en nous permettant de prendre conscience de notre humanité, peut être à la fois un critère universel servant à éclairer tous nos débats afin d’éviter la catastrophe de notre autodestruction planétaire[27].

Garceau présente Zundel, de manière originale, non seulement comme génie mystique, mais aussi comme prophète pour notre temps. Dans son deuxième chapitre, intitulé « Le désir d’être libre », il nous expose la manière dont Zundel a participé passionnément à la quête d’une solution aux problèmes économiques et politiques dans les années 30 et 40. Ces écrits nous rappellent que la dignité de l’être humain réside non pas dans son savoir, son pouvoir et son avoir, mais dans sa plus haute possibilité, celle de l’Esprit, qui nous appelle à être source de don et de générosité pour notre monde[28]. Mais pour devenir cet espace de générosité, nous devons garantir un espace de sécurité pour chaque être humain[29], et ce, en travaillant à établir le partage juste et équitable des ressources et des richesses de notre planète. Dans notre désir de devenir vraiment libre, nous voyons ainsi poindre à l’horizon notre devoir d’entreprendre la révolution qui reste à faire en soi pour notre monde (chapitre 3). Au cœur de cette révolution intérieure, nous sommes appelés à devenir des agents de changement des valeurs de notre société pour la défense du droit de chaque personne d’accomplir sa plus haute possibilité spirituelle; celle qui l’appelle à devenir une source de don et de générosité pour notre monde (chapitre 4).

Garceau nous montre comment Zundel a une vision profonde de la liberté. Il voit en cette valeur universelle bien plus que l’affranchissement d’un pouvoir extérieur qui nous donne la simple licence de faire ce que l’on veut, pourvu que l’on ne nuise pas à autrui[30]. À travers cette étude, nous cheminons avec Zundel pour prendre conscience des limites des conceptions extérieures et matérielles de la liberté que nous trouvons dans les déclarations des libertés civiles dont s’inspirent nos chartes des droits et libertés[31]. Zundel trouve une voie de dépassement des conceptions extérieures et matérielles des libertés civiles en nous invitant à découvrir l’énergie d’une liberté intérieure[32] qui nous appelle à être plus que la somme de nos besoins physiques et nos instincts psychiques. Être libre, dans cette vision zundélienne, c’est être capable de décoller de son ego, de s’oublier soi-même en devenant un espace de don et de générosité dans l’ouverture de notre relation à l’autre. Or, cette capacité de sortir de soi n’est pas une génération spontanée; elle est une capacité spirituelle.

Garceau nous apprend comment l’expérience de la liberté de Zundel se formule à partir de la profondeur de sa vie spirituelle. Dans cette expérience, la liberté humaine devient le fruit de la rencontre d’une Présence intérieure qui est, au plus profond de nous-mêmes, le meilleur de nous-mêmes, et plus que nous-mêmes[33]. La clarté obscure de cette heureuse rencontre spirituelle nous amène à nous perdre de vue. À l’écoute de la musique silencieuse de cette Présence ineffable, qui se dévoile sous les auspices de la Vérité, de la Beauté et de la Bonté, nous vivons l’expérience d’un ravissement, d’un émerveillement, nous permettant de prendre vacances de nous-mêmes[34]. Le don infini de cette Présence nous transforme de l’intérieur. Elle génère en nous la force et la capacité de quitter la prison de notre moi-objet afin de devenir, dans le souffle de notre liberté, des créateurs de notre vrai moi-personne. Garceau recueille tout au long de son livre les perles lumineuses des citations de Zundel, comme celle où il décrit, dans La pierre vivante,l’expérience de la liberté comme « La rencontre avec un Autre, intérieur à nous-mêmes, laquelle nous ancre en Lui et nous ouvre à nous-mêmes en nous libérant de nous-mêmes[35]. »

Garceau montre comment l’œuvre et la vie de Zundel nous aident à découvrir la liberté comme un désir au plus profond de nous-mêmes, un devoir de libération intérieure à accomplir dans notre vie, et un droit à promouvoir pour chaque être humain. Ce livre est un vibrant appel à devenir libre dans la joie du don (chapitre 5) pour faire advenir, avec foi et espérance, la vraie révolution intérieure; celle qui nous reste à faire pour créer un monde plus humain, dans la seconde naissance de notre humanité en la divinité.

  1. – La voie du désir de croire et espérer en notre humanité[36]

La voie spirituelle de Zundel dirige notre regard pour découvrir ce qui est possible en nous. Cette voie nous aide à découvrir la Source qui nous donne la force de croire et d’espérer en notre humanité. Or cette capacité de croire et d’espérer en notre humanité n’est certes pas chose évidente dans notre monde actuel. Voici ce qu’affirme Maurice Zundel dans la préface de son ouvrage Croyez-vous en l’homme[37] qui demeure d’une grande actualité pour la vie des militaires et des membres de leur famille:

La compétition atomique, dont il est superflu de dénoncer la folie, prouve, avec une tragique évidence, que l’homme ne croit pas en l’homme. Il croit en son savoir, il croit en sa puissance : il ne croit pas en sa valeur. C’est pourquoi il accepte si allégrement la mort des autres – et quelquefois la sienne propre – au nom des « principes » qui triomphent dans les cimetières.

Cette affirmation de Zundel touche de près nos militaires qui se consacrent à la profession des armes. Ceux et celles qui exercent cette noble profession sont appelés à utiliser la force militaire. L’utilisation de cette force les confronte, dans la réalité du combat, aux grandes questions du sens même de leur devoir. La raison peut justifier l’utilisation de la force, voire même de la force létale, selon des règles d’engagement précises et reconnues par les conventions du droit international régissant les conflits armés. Mais malgré toutes ces justifications rationnelles, il arrive bien souvent que nos militaires soient ébranlés, jusque dans le tréfonds de leur âme, devant pareilles situations extrêmes. Qu’arrive-t-il à la conscience, à l’âme et à l’esprit de nos hommes et de nos femmes qui prennent le risque de se faire tuer, de voir leurs confrères et leurs consœurs se faire tuer et qui, dans l’exercice de leur devoir militaire, reçoivent ou donnent l’ordre de tuer d’autres êtres humains ? Et comment vivent-ils avec le fait d’avoir à exécuter cet ordre ou à le donner ? La confrontation régulière avec ces grandes questions éthiques dépasse bien souvent le pouvoir de la raison et de la volonté humaines.

Force est d’admettre que bien de nos militaires, face à ces situations extrêmes, se trouvent dépourvus et n’arrivent plus à croire et à avoir espoir en notre humanité. Bon nombre de nos militaires deviennent cyniques, ou se résignent silencieusement, à ne voir, dans la puissance du savoir et du pouvoir de l’homme, que sa capacité de détruire l’ennemi ou, de tout simplement, s’autodétruire[38]. À cette étape de notre réflexion, nous reprenons l’affirmation du brillant biologiste français Jean Rostand qui pensait que la crise que nous traversons est peut-être le signe que nous assistons « à la faillite d’une civilisation qui n’a pas su donner un sens à son savoir, un but à sa puissance, et un idéal à sa liberté[39] ». Et c’est bel et bien dans ce contexte de désenchantement du monde que nous croyons qu’il est urgent de redonner aux membres de notre communauté militaire une parole de foi et d’espoir. Pour y arriver, il faut vouloir aller ailleurs, et porter un autre regard sur notre humanité.

Or y a-t-il dans notre humanité une autre source qui nous permettrait de croire en notre valeur ? Et une source de valeur qui serait reconnue universellement ? Écoutons Zundel de nouveau qui nous propose une voie qui serait le gage d’un accord possible entre les personnes de bonne volonté:

[…] On prétend qu’un éminent physicien, interrogé s’il croyait en Dieu, aurait débouté l’enquêteur en lui disant : « Et vous, croyez-vous en l’homme ? ».

Le Père Pio, de son côté, selon le témoignage de l’un de ses biographes, offrit un jour, à un visiteur qui lui avouait humblement ne pas croire en Dieu, cette réponse d’une miraculeuse grandeur : « Mais Dieu croit en vous ».

Il est permis de voir dans cette rencontre inattendue de deux esprits si différents, et en apparence si éloignés l’un de l’autre, le gage d’un accord possible entre tous les hommes de bonne volonté sur le fond du problème qui requiert, avec tant d’urgences, toute notre attention[40].

Pour arriver à croire et à espérer en notre humanité, nous devons changer notre regard. Bien souvent, pareil changement arrive dans les moments et les endroits les plus inattendus. Voici un exemple : Zundel a vu un jour, dans un cimetière français, cette inscription sur une pierre tombale : « Nous sommes l’espérance de Dieu. » Cette inscription a profondément interpellé Zundel. Il en parle souvent dans ces écrits[41]. Or qu’est-ce que cette personne, maintenant disparue, voulait-elle nous dire dans son désir de mémoire : « Nous sommes l’espérance de Dieu. » ? Cette épitaphe nous lègue le souvenir d’une personne qui a cru que Dieu avait toujours de l’espoir pour notre humanité. Et la beauté de cette découverte dans sa vie, elle a voulu nous la partager, en nous invitant à voir, à découvrir, et à nous souvenir, que nous sommes des êtres aimés de Dieu, et qu’Il ne cesse de mettre en nous tout son espoir. Cette Présence éternelle révèle l’Amour d’un Père plein de tendresse et de miséricorde qui espère toujours que nous allons nous ouvrir et croire en ce don infini qui fait de nous ses fils et ses filles. Dans cette nouvelle vision intérieure, nous découvrons que Dieu croit et espère en nous plus que nous-mêmes.

Cette inscription sur cette pierre tombale traduit très bien la vision que Zundel avait sur l’homme. Et c’est le regard que Jésus de Nazareth lui-même porte sur toute personne. C’est un regard qui est toujours fixé sur la possibilité la plus haute de l’être humain. C’est un regard qui dit toujours : « Je crois en toi, car je ne te réduis pas à ce que tu as fait ». C’est un regard qui est le fondement du pardon et de la réconciliation, car le pardon, c’est de ne pas réduire la personne à ce qu’elle a fait. C’est un regard qui dit à quelqu’un : « Tu es plus que ta fonction, plus que ce que tu as dit, plus que ce que tu as fait, ou n’a pas fait ». C’est une parole qui nous donne l’espoir que l’on est appelé à être autre chose, à être plus que ce que l’on est trop souvent. L’espoir, c’est la sœur de la foi qui nous permet de croire à ce qui est possible en nous. L’espérance, c’est le regard qui nous permet de faire la distinction, en nous, entre l’homme réel, que nous sommes trop souvent, et l’homme possible, que nous sommes appelés à être[42].

L’homme réel, c’est la part de notre humanité qui trop souvent nous réduit à n’être que l’esclave de nos besoins physiques et de nos instincts psychiques. L’homme réel, c’est une humanité qui se réduit à n’être que le résultat de notre moi biologique. C’est l’homme qui reste collé au niveau de sa peau et qui demeure dans l’horizon fermé de ses propres pensées et de ses émotions. C’est l’homme qui croit qu’il est lui-même la source de sa propre valeur, et qui cherche à s’imposer aux autres par la force de son pouvoir, de son avoir et par son besoin de paraître. L’homme réel, c’est celui qui nous garde prisonniers de notre ego.

 L’homme possible, c’est l’être que nous sommes appelés à devenir, dans une nouvelle naissance, par la découverte, au fond de notre être, de la Présence d’une valeur infinie en nous. Et cette Présence en nous – que nous ne pouvons voir qu’avec les yeux du cœur et de l’esprit – nous appelle à être plus que notre biologie. Elle nous fait voir que nous sommes appelés à être plus que la somme de nos besoins et de nos instincts. Elle nous donne de croire et d’espérer en notre appel à être plus que quelque chose, mais à devenir quelqu’un; à être plus qu’un simple individu, mais à devenir une personne unique; à être plus qu’un objet pour devenir un sujet; à ne plus subir son existence, mais à devenir un être créateur de soi; à être plus qu’un résultat, qu’un produit, mais à devenir une source et une origine. Dans cette vision, espérer, c’est croire en notre capacité de nous transcender, de nous dépasser, d’atteindre les plus hauts sommets, en déployant la plus haute possibilité de nous-mêmes.

Et quelle est la plus haute possibilité de l’être humain ? C’est ce que l’être humain désire. Or qu’est-ce que nous désirons ? Nous désirons la grandeur.  Qu’est-ce que la grandeur ? La grandeur de l’humain n’est pas dans sa capacité de tout contrôler par son savoir et son pouvoir. La grandeur de l’humain n’est pas seulement sa capacité de marcher sur sa la Lune, ou d’aller sur Mars, par la puissance de sa technologie. Car le plus grand envol qui soit, ce n’est pas celui d’atteindre les étoiles, mais bel et bien celui de décoller de son ego[43]! La grandeur de l’humain, c’est sa capacité de se libérer de son propre esclavage envers lui-même pour devenir l’espace intérieur de la rencontre de l’Autre en soi et en l’autre, et ainsi se transformer en une source de don et de générosité.

  1. – La voie du désir d’aimer comme Dieu aime : agapè

La spiritualité de Zundel s’inspire de saint Augustin dans le passage du dehors au-dedans dans ses expériences d’émerveillement devant la musique silencieuse de la Beauté et de la Vérité. Son itinéraire s’inspire également de François d’Assise dont sa rencontre est décrite par Zundel comme la grâce des grâces[44]. François lui a dévoilé le cœur du Dieu Trinité où il n’existe aucune possession, car Il n’est que le libre Don et Accueil de la communication éternelle de l’Amour infini entre le Père et le Fils, le Fils et le Père, dans le Souffle de l’Esprit. La découverte de la Présence de cet Amour créateur au cœur de nos vies est la source de notre véritable grandeur et de notre liberté intérieure. L’autre source d’inspiration pour Zundel est Pascal. Dans son chapitre sur les « Trois ordres de Pascal[45] », Zundel nous montre la distance qui existe entre le monde « des corps » et celui « des esprits » afin d’indiquer la distance infiniment plus grande de l’Amour infini dont nous sommes appelés à être le signe dans la transparence de notre ministère de Présence :

[…] De tous les corps ensemble, on ne saurait en faire réussir une petite pensée; cela est impossible, et d’un autre ordre. De tous les corps et esprits, on en saurait tirer un mouvement de vraie charité, cela est impossible, et d’un autre ordre, surnaturel[46].

Dans l’ordre surnaturel de la charité, nous sommes appelés comme aumôniers chrétiens à être un signe de cet Amour qui nous dépasse infiniment. C’est pourquoi, dans cette vision, notre rôle n’est pas de démontrer l’existence de Dieu, à coups d’arguments bibliques et théologiques, mais de Le montrer en aimant notre prochain comme nous-mêmes. Et pour reprendre une expression de Zundel : Dieu ne se démontre pas, il se montre en aimant[47].

Selon la voie de Zundel, où nous passons « d’une morale d’obligation à une morale de libération[48] », d’une éthique du devoir à une spiritualité du désir, le nouvel énoncé de vision de l’aumônerie pourrait se formuler ainsi : Les aumôniers des FAC sont appelés à être signe d’une Présence qui inspire la foi et l’espérance en notre humanité en nous donnant la capacité de renaître dans notre désir de connaître et d’aimer Dieu – de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force – et son prochain comme soi-même.  Pour illustrer l’esprit de cette nouvelle vision du leadership spirituel de l’aumônerie, nous nous inspirons de la parabole du vitrail de Zundel. Cette parabole est, selon nous, la meilleure interprétation du vitrail de l’aumônerie intitulée : Un signe d’espoir dans un monde brisé.

Parabole du vitrail[49]

Un vitrail dans la nuit est un mur opaque,
aussi sombre que la pierre dans laquelle il est enchâssé.
Il faut la lumière pour faire chanter la symphonie
des couleurs dont les rapports constituent la musique.

C’est en vain que l’on décrirait ses couleurs,
c’est en vain que l’on décrirait le soleil qui les fait vivre.
On ne connaît l’enchantement du vitrail
qu’en l’exposant à la lumière
qui le révèle en transparaissant à travers sa mosaïque de verre.

Notre nature est le vitrail enseveli dans la nuit.
Notre personnalité est le jour qui l’éclaire et
qui allume en elle un foyer de lumière.
Mais ce jour n’a pas sa source en nous.
Il émane du soleil,
du Soleil vivant qui est la Vérité en personne.
C’est ce soleil vivant que les hommes [et les femmes] cherchent dans leurs ténèbres.

Ne leur parlons pas du Soleil, cela ne leur servira de rein.
Communiquons-leur sa présence
en effaçant en nous tout ce qui n’est pas de Lui.
Si son jour se lève en eux, ils connaîtront qui Il est et
qui ils sont dans le chant de leur vitrail.

La vie naît de la Vie.
Si elle jaillit en nous de sa source divine clairement manifestée,
qui refusera de s’abreuver à cette source
en l’ayant reconnue comme la Vie de sa vie ?

[1] Les passages surlignés en caractère gras situent les références spécifiques de la contribution de Benoît Garceau dans l’ensemble de notre travail de recherche.

[2] L’aumônerie des Forces canadiennes a reçu de Sa Majesté la Reine, le 25 août 2014, la restauration du vocable royal pour ainsi être dorénavant désignée comme le Service royal de l’aumônerie canadienne (SAumRC). Pour éviter la multiplication des acronymes militaires dans ce mémoire de recherche, nous utiliserons le terme aumônerie pour désigner le SAumRC.

[3] Défense nationale (2009), Servir avec honneur. La profession des armes au Canada (2009), publié sous les auspices du Chef d’état-major de la Défense par l’Académie canadienne de la Défense – Institut du leadership des Forces canadiennes.

[4] Défense nationale (2012), Code des valeurs et d’éthique du Ministère de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes, publié par le Chef – Service d’examen, Quartier gnéral de la Défense nationale, Programme d’éthique de la Défense.

[5] Benoît Garceau, La voie du désir, Montréal, Médiaspaul, 1997.

[6] Benoît Garceau, De la liberté au don de soi. La voie de Maurice Zundel, Montréal, Médiaspaul, 2014.

[7] Nous éliminons complètement le Chapitre 1 et les deux premières parties du Chapitre 2 qui sont strictement réservées à la spécificité de l’éthique du devoir de l’aumônerie et des FAC.

[8] Benoît Garceau, La voie du désir, Montréal, Médiaspaul, 1997, 103 p.

[9] Ibid., p. 8.

[10] Ibid., p. 8

[11] Ibid. p. 9.

[12] Ibid. p. 11-13.

[13] Maurice Bellet, La seconde humanité. De l’impasse majeure de ce que nous appelons économie, Paris, Desclée de Brouwer, 1993.

[14] Françoise Dolto, L’Évangile au risque de la psychanalyse, tome 1 et 2, Paris, Points. 1980 et 1982.

[15] Denis Vasse, Le temps du désir, Paris, Seuil, 1969.

[16] Antoine Vergote, Dette et désir. Deux axes chrétiens et la dérive pathologique, Paris, Seuil, 1970. Yves Prigent, L’expérience dépressive. La parole d’un psychiatre, Paris, Desclée de Brouwer, 1981.

[17] La voie du désir, p. 12-13.

[18] Ibid. p. 13.

[19] Ibid. p. 15.

[20] « Mon ami, monte plus haut », dans Maurice Zundel, Ta parole comme une source, Québec, Anne Sigier, 1987, p. 57-58,

[21] Benoît Garceau, De la liberté au don de soi. La voie de Maurice Zundel, Montréal, Médiaspaul, 2014.

[22] Maurice Zundel, L’Évangile intérieur, Paris, Desclée de Brouwer, 1977.

[23] Maurice Zundel, Itinéraire, Paris, Sarment Édition du Jubilé, 2005, p. 337.

[24] Sur les questions du sens de l’être humain et de notre capacité de croire en notre humanité, voir Maurice Zundel, Croyez-vous en l’homme?, Paris, Les Éditions du Cerf, 2002, et Maurice Zundel, L’homme existe-t-il ?, Paris, Sarment Éditions du Jubilé, 2004.

[25] De la liberté au don de soi, p. 18.

[26] Ibid., pp. 24-29.

[27] Itinéraire, p. 335.

[28] « L’Esprit de paix », dans La beauté du monde entre nos mains, Articles de Maurice Zundel, Tome 3, Montréal, Anne Sigier, 2004, pp. 15-21.

[29] Pour un résumé de la pensée politique de Zundel, voir le chapitre 6 « Morale et politique », dans Maurice Zundel, L’homme passe l’homme, Paris, Sarment Éditions du Jubilé, 2004, pp. 194-276.

[30] « L’essence de la liberté », dans La beauté du monde entre nos mains, Articles de Maurice Zundel, Tome 3, Montréal, Anne Sigier, 2004, pp. 113-117.

[31] « Les droits de l’homme », dans La beauté du monde entre nos mains, Articles de Maurice Zundel, Tome 3, Montréal, Anne Sigier, 2004, pp. 123-136.

[32] De la liberté au don de soi, pp. 57-58.

[33] Ibid., p. 63.

[34] Ibid., p. 64.

[35] Maurice Zundel, La pierre vivante, Paris, Éditions ouvrières, 1954, p. 24.

[36] Cette section s’inspire fortement d’une séance de ressourcement spirituelle donnée par Benoît Garceau à la paroisse Saint-Pierre Apôtre de Montréal en 2011.

[37] Croyez-vous en l’homme?, p. 7.

[38] Un nouveau champ de recherche dans le domaine de la santé mentale au sein des FAC porte sur les blessures morales et sur les conditions de la santé et du mieux-être spirituel. Voir les travaux de de recherche de Suzette Brémault-Phillips and al., Spiritual Dimensions Related to Well-Being, Health, and Moral Injuries, prepared for Veterans Affairs Canada (VAC) and presented at the Canadian Institute for Military and Veterans Health Research (CIMVHR) Forum 2017, Toronto. This research has been prepared by Suzette Brémault-Phillips, University of Alberta, Harold Koenig, Duke University, Kenneth I. Pargament, Bowling Green University, Thomas Plante, Santa Clara University, Andriy Chirovsky, Saint Paul University, Joanne Olson, University of Alberta, Tamara Germani Yee, University of Alberta, Ashley Pike, University of Alberta, Francesca Scarcella, University of Alberta, Lorraine Smith-MacDonald, University of Calgary, and Jeanne Weis, University of Alberta.

[39] Jean Rostand, Science fausse et fausses sciences. Citation tirée Benoît Garceau, Le savoir et le sens.  Pour une nouvelle entente entre la science, la pensée et la foi. Bellarmin, 2004, page frontispice.

[40] Croyez-vous en l’homme ?, p. 12.

[41] Sur ce thème, voir les sermons 23-28 du chapitre III « L’homme comme l’espérance de Dieu », dans Maurice Zundel, Ton visage ma lumière. 90 sermons inédits, Paris, Éditions Mame, 2011, pp. 129-160.

[42] Voir Chapitre premier « L’homme réel et l’homme possible », dans Maurice Zundel, Croyez-vous en l’homme?, pp. 11-18.

[43] « La cosmicité humaine », dans La Vérité source unique de liberté, Articles de Maurice Zundel, Tome 1, Montréal, Anne Sigier, 2001, pp. 67-80.

[44] Maurice Zundel, Un autre regard sur l’homme. Paroles choisies par Paul Debains, Paris, Sarment Éditions du Jubilé, 2005, p. 23.

[45] « Les trois ordres de Pascal », dans Maurice Zundel, L’homme passe l’homme, pp. 167-190.

[46] Blaise Pascal, Les pensées. Classées selon les indications manuscrites de Pascal. Préfacées et annotées par Francis Kaplan. Sagesses chrétiennes. Les Éditions du Cerf, Paris, 2005, p. 539-540.

[47] Maurice Zundel, Je est un Autre, Montréal, Anne Sigier, 1997, p. 59.

[48] « Morale d’obligation et morale de libération », dans Maurice Zundel, Je est un Autre, pp. 45-60.

[49] « À propos de la liberté religieuse. Vérité et liberté », dans La Vérité source unique de Liberté, pp. 51-52.