le poème de la haute tendresse

 

Le 15 août prochain nous fêterons la fête de l’Assomption de la Vierge Marie. (pour plus d’information sur cette fête voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Assomption_de_Marie ).

Incidement, mes lectures récentes m’ont fait relire cette citation de Zundel « Dieu c’est quant on s’émerveille »  et je ne peux que m’émerveiller doublement d’avoir juste reçu de Gilles, ce poème de Maurice Bellet sur la haute tendresse d’une part, et de mes propres expériences de tendresse humaines et spirituelle d’autres parts. Elles  ne manquent pas d’évoquer pour moi cette fête de l’Assomption.

Qui, en effet,  mieux que Marie a pu faire vivre cette haute tendresse à Jésus? Comment cette haute tendresse ne renvoie-t-elle pas à celle du Père divin?

Bon 15 août et bonne lecture du Poème de Maurice Bellet ci-après.

Le poème de la haute tendresse

«La tendresse est amour de tout ce qui est, jubilation de toute naissance, désir encore et encore que tout vivant vive et donne son fruit.

Elle est joie de tout visage et de toute voix et parole d’homme, homme ou femme. Elle a faim de donner, à qui manque, tout ce qui peut nourrir sa faim. Elle ne juge pas. Elle ne prend pas. Elle ignore la cruauté.

Elle donne.  Non parce que ceci ou pour que cela, mais parce que telle est sa nature.  Elle ne donne pas pour reprendre.

Ainsi la détresse fond et l’horreur même peut être reprise et repétrie.  Qui goûte la tendresse, même mort, peut naître.

La tendresse enveloppe tout l’être de tout être.  Elle enveloppe l’injustifié, la misère, la faute, la détresse.  Quiconque est en elle se trouve justifié d’être et ce qui le condamnait tombe hors de lui.

La tendresse est le labeur incessant pour que tout enfant d’homme, homme ou femme, ait sa mesure et sa grâce.  À chacun selon ses besoins !  À chacun selon le don qui est en lui — qu’il déploie gaiement toute sa puissance !  La tendresse est grâce : elle ne force rien, elle ne se raidie pas par devoir et volonté, elle ne s’impose pas, elle n’envahit pas la vie des autres, elle ne larmoie pas, elle ne disserte pas, elle ne s’explique pas.  Elle est simplement là, ferme et agissante, bon espace libre où respirer, nourriture première du cœur des vivants.

La tendresse n’agit pas comme agissent les pouvoirs.  Elle se tient avec distance  et réserve, elle laisse à qui a faim de vivre tout son espace de vie, à qui a faim d’être entendu tout son espace de parole, elle laisse être, enfin, sans réserve et sans mesure.

Elle est douceur, plaisir d’être ensemble, travail pour le bien, franchise et gaieté.»

 

Extrait de Maurice Bellet, « LA VOIE  1- En quête de haute tendresse » pp. 74-75, Albin Michel 2019

LA VOIE  2- La traversée vers l’éveil : «  Ce que les chrétiens nomment résurrection de Jésus est l’éveil en l’homme de la haute tendresse. » (p. 230)

 

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